21 mars 2008
Pâques
La veillée Pascale
Comme j’en parlais dans « Religion », j’habitais durant 7-8 ans chez une tante dans un joli village d’Alsace.Elle m’expliquait que le Jeudi Saint [Gruene dunerstag], était la journée d’expiation de nos fautes et qu’elle [Marguerite] était investie par une force inconnue (liée à Dieu) pour se sacrifier, alors chaque année les premiers jours de la Carême….
Ainsi avant la fin de cette journée elle provoquait un accident, se renverser de l’eau bouillante sur une partie de son corps, trébucher au-dessus de la fosse à purin, se payer la queue d’une vache dans le visage, glisser dans le poulailler….Enfin cela devait être un jour dramatique car nous étions tous des pêcheurs ! Hier Jeudi Saint, à l'heure du coucher, j'étais enfin serein.
A partir de 6 ou 7 ans, le lendemain, Vendredi Saint [Karfreitag], je devais me lever aux aurores car les cloches étaient parties à Rome et je devais avec les autres garçons remplacer lesdites cloches…Me voilà à moins de 6 heures du matin seul dans la rue, j’ai froid [culottes courtes], j’ai peur car il fait encore un peu nuit, le grand qui me chapeaute vient en retard, mais j’étais content, j’allais pouvoir réveiller le village endormi. .
Et oui, le gentil petit enfant de chœur pouvait inaugurer sa crécelle toute neuve [c’est un rectangle en bois, avec en son centre une moulinette et des lames qui percutent de cran en cran], ma « ratsch » fabriquée par le Tony.
J’étais un « ratscher », mon fils aussi, en 2008 même les filles (la nôtre est aujourd’hui à Jérusalem, hier en Galilée) perpétuent cette tradition, annoncer les « angélus », « midi », « l’heure des offices religieux » [« am dreie esch Keriche », en dialecte alsacien = messe à 15h], à l’église cela durait longtemps, je suivais la lecture de la Passion du Christ en regardant chaque tableau du « chemin de croix » accroché dans notre petite cathédrale.
Puis il fallait retourner dans le village pour l’angélus, le lendemain à nouveau se réveiller tôt et le samedi soir c’était la veillée Pascale, un feu brûlait devant l’église, j’avais chaud (culottes courtes), c’est à ce feu qu’on allume le cierge pascal, qui servait à allumer toutes les lumières éteintes de l’église via les petits cierges que tous les paroissiens portés.
Mon presque « père » juif, m’expliqua un peu plus tard que le bûcher de la veillée pascale [ Samedi Saint] était destiné par certains pour « brûler le Juif » devant l’église catholique, je ne lui ai jamais avoué que je croyais cette « connerie » alors que j’avais 5 ou 6 ans.
Le lundi de Pâques c’était encore la fête, nous allions percevoir le gain de nos tours de moulinettes, de la « musique crécelle » que nous imprimions pour suppléer les cloches, nous nous déguisions avec des vieux habits, l’un d’entre nous était enveloppé de paille avec un collier autour de son cou et devant chaque demeure nous disions « Eier heruss, Eier heruss, oder mer schecke de morder in’s haehner huss » {en alsacien : sortez les œufs, sortez les œufs, ou nous expédions la martre dans le poulailler}, nous recevions des œufs durs, de temps à autres des sous (que les grands se partageaient)….Aujourd’hui, en 2008, les jeunes passeront lundi prochain avec une boîte ou nous mettrons des €uro.
Ma première au théâtre c’était dans un foyer ou une église, je crois, à Strasbourg-Koenigshoffen, j’avais 8 ans, je regardais La Passion du Christ en Alsacien, en Allemand….Je ne sais pas, mais l’histoire du Peter et du coq, je sais encore.
Et vous ?
20:27 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dieu, village, théâtre, église





