« 2008-07 | Page d'accueil | 2008-07 »

06 juillet 2008

Qui n'a jamais rêvé de faire péter la banque

7e Partie : Mais comment Jérôme Kerviel a-t-il fait ?

 

Mais comment as-tu fait JéJé dis donc ?? [rubrique JnJ]

 

 

Et bien ce n’est pas si compliqué ! Avant de devenir trader, Jérôme travaillait au Middle Office, il était donc une sorte de clerc qui comptabilisait les opérations de chaque trader et réconciliait les positions globales afin d’expliquer les résultats journaliers consécutifs aux encours échangés tout au long des séances de marché.

 

 

Jérôme ayant été promu trader connaissait donc parfaitement tous les systèmes de comptabilité et de risque de la division pour laquelle il travaillait, il lui était donc extrêmement facile grâce a l’aide des mots de passe de ses collègues de farfouiller dans les fichiers comptable afin de modifier la position globale de son portefeuille mais également lisser ses résultats journaliers. Il lui fallait donc entrer de fausses opérations dans les systèmes de risque de la banque afin que ses positions réelles ne se fassent pas remarquer.

 

 

On peut donc dire qu’il y a eu un problème d’indépendance entre le Middle Office et le département de trading, puisque si Jérôme n’avait pu avoir accès aux données comptable, le pire aurait été évité.

 

Le seul petit problème est le manque de professionnalisme du département responsable des appels de marge et de la trésorerie. En effet, toute position prise sur des contrats à terme sont compensées à chaque fin de séance de façon à faire apparaître un résultat latent qui sera malgré tout payé ou reçu sur le compte de la banque, compte qu’elle détient auprès de la chambre de compensation (cf. 5e Partie).

 

 

Ce qui est donc flagrant et incompréhensible est le fait qu’il était impossible pour la banque de ne pas savoir que son compte à la chambre de compensation était débiteur de plusieurs milliards d’Euros. La chambre de compensation a envoyé plusieurs messages d’alerte expliquant que les positions de Kerviel devaient être financées et surtout clôturées car la perte devenait incontrôlable. Ce qui échappe encore à la logique provient du fait que nombreux départements au sein d’une banque sont au courant de ces rapports d’appels de marge et le processus n’inclus pas exclusivement le Middle Office, mais aussi le département comptabilité, la trésorerie et le risque management global, lorsque les barrières ont été brisées et que la banque doit savoir si oui ou non elle doit de l’argent au marché.

 

 

Cette histoire restera encore comme l’une des énigmes les plus grandiloquentes de la haute finance, notamment du fait de son ampleur mais il faut remarquer que la fraude était d’une telle simplicité qu’elle aurait du être détectée des les premières opérations effectuées par le trader Kerviel.