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05 avril 2008

Ponction

Ponction        

Ponction lombaire

Ponction cervicale

Je vais essayer d’aller au bout d’une aventure qu’il m’est irréalisable d’écrire depuis des décennies, mais je dois le faire pour abattre les troubles qui me traversent, me traumatisent, à chaque allusion, à chaque image, à la moindre pensée….

C’est le soir, il est 7 h passé, il fait nuit, le radiologue vient lui-même me chercher dans la salle dédiée aux enfants malades, je n’avais rien mangé car je devais passer un examen…

Me voilà en Radiologie, assis au bord de la table les pieds ballants, le docteur me parlait d’une voix calme et rassurante, le radiologue s’asseyait devant moi, le docteur était derrière moi, de l’autre côté de ce « banc » généralement occupé par les patients pour les « radios ».

Le docteur m’expliqua qu’il allait me piquer dans la colonne vertébrale afin de situer la nature de mon mal, que cela pouvait ne durer qu’un court instant mais qu’il fallait rester assis.

Il a fallu me piquer, me repiquer, m’enfoncer une grosse aiguille [avec une seringue en verre, l’aiguille biseautée de la taille d’un crayon, modèle seconde guerre mondiale !] dans la région lombaire de ma colonne, cette pointe me traversait le corps, me trouait le dos, vous savez ces seringues utilisées dans les années cinquante, qui tel un éperon te tuaient.

J’allais oublier le radiologue qui m’immobilisait, en emprisonnant mes petites jambes car une voix répétait sans cesse que je ne devais pas bouger, sinon il faudra renouveler ce geste insupportable, j’avais capté que le mouvement devait être précis et que j’étais le troisième acteur de ce châtiment atroce.

Je hurlais pour tenter de gérer cette souffrance horrible, tout en m’efforçant de ne pas me mouvoir, secondais par le radiologue qui de ses bras tel des chaînes me nouaient les membres inférieurs.

Le docteur retenta, persista dans sa volonté de trouver « ce mal », me transperça, me clouait, je comprenais la raison de ces douleurs barbares, et à plein poumons je braillais à m’égosiller…Toute la clinique entendait  ces cris infernaux et monstrueux [termes utilisaient par des témoins auditifs], jusqu’au troisième étage.

Cela dura un certain temps, des félicitations, et me voilà sur un brancard pour remonter dans la salle, poussé par le gentil radiologue, au passage toutes les gens me complimentaient, me consolaient, m’apaisaient.

Deux ans plus tard tous les trois, nous nous retrouvions dans cette pièce de la Radiologie, lumière glauque, pour refaire des examens identiques, le même scénario, une aiguille semblable…Tout était semblable, sauf que moi je savais ce que j’allais endurer.

Dix ans plus tard, alors que j’avais une septicémie, dans l’impossibilité de faire une ponction lombaire, un autre docteur [il existe des personnes nulles], fera une ponction cervicale, la chance : d’un seul coup, technicité aidant, le diamètre de l’aiguille avait diminué.

En 2008, nous ne sommes plus dans des chambres de torture du Moyen-âge, la douleur se maîtrise, mais lorsque tu souffres, un peu ou beaucoup, tu as toujours mal.

Commentaires

Très touchée par ce témoignage sur la souffrance.
Quand on lit ce genre de billet, on ose à peine écrire ensuite des propos insignifiants...

Écrit par : Rosa | 05 avril 2008

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