« Tiramisu | Page d'accueil | Souvenir »
30 mars 2008
Handicap
Handicap
Hier samedi, la manifestation organisée à l’appel du collectif « Ni Pauvre, ni soumis » a rassemblé un cortège de près de 30 000 personnes, pour exprimer une « révolte » et quémander un revenu décent pour ceux qui ne travaillent pas ou qui n’en on pas la faculté.J’avais signé la pétition qui comporte actuellement près de 10 000 signatures, il ne s’agit pas d’une simple promenade pour demander une hausse de l’Aah (Allocation adultes handicapés) qui est de 600 €uro plus, pour une seule personne qui n’a pas d’autre revenus.
Les décideurs de tous niveaux savent rarement que les conditions de vie d’un handicapé peuvent être atroces, rien n’est en phase avec la réalité de la petite vie quotidienne des handicapés, souvent les simples gestes sont d’un coût plus élevé, d’un temps plus long, les différences s’ajoutent à la dépense, les aides physiques et matérielles disparaissent.
L’handicapé fait une demande, il devra attendre les réponses et durant ce temps survivre avec ses limites (quelquefois des mois, des années ou toute la vie), la famille de l’handicapé subit de la même manière l’utopie de ce monde fait pour les valides.
Le handicap est un vrai marché financier, pour ma part j’ai demandé trois devis pour installer une douche dédiée, les deux adresses fournies par les organismes faisaient une proposition si élevée que je les trouvais indécentes, mais comme ils (les référencés) savaient que j’étais « aidé », ils ont tenté.
Pourquoi toute cette méfiance, pourquoi ces regards, pourquoi une telle incompréhension des autres ? Bon chacun sa croix, mais vivre avec un peu plus de 600 €, souvent 24h/24 dans le logement, c’est impossible.
Tout est relatif, mais au risque de me répéter il n’y a pas de petite souffrance et si le « matériel » est correct, le handicapé saura et voudra prouver, saura remercier et saura se gérer.
J’ai de la chance, je ne touche pas l’Aah car j’ai pu travailler, ainsi la pension d’invalidité II m’est suffisante, je ne paie pas de loyer, je suis entouré par une famille, des voisins, des pots…En attendant la retraite !
J’imagine les combats d’autres, des plus malades, des plus démunis, mais j’observe aussi que certains pensent devoir être assistés à 100 %, des exemples peut-être extrêmes, de malades qui profitent d’un système bienveillant au détriment de ceux qui en ont vraiment besoin.
Durant plus de deux ans mon épouse me conduisait 3 fois pas semaines à l’hôpital, alors que je pouvais profiter des ambulances [3 x 52 semaines x 2 ans, aller retour = une somme importante pour la Sécurité Sociale], lorsque je déposais un dossier pour une aide à l’aménagement, ladite Caisse refusa toute aide financière, malgré qu’elle avait connaissance de l’implication de mon épouse…Le paradoxe, l’injustice si je n’avais que 600 € par mois !
Un fauteuil roulant, actif, valable est remboursé dans les 500 € tous les 5 ans, j’ai payé le mien plus de 3000 €, comment faire si tu touches 600 €, qu’il te faut payer un loyer et ta vie quotidienne d’handicapé est plus chère que celle du valide, si en plus tu es seul…
Pour le moment je n’ai évoqué que les sous, car après il y a les douleurs, les souffrances, les humiliations, les impossibilités…Etc. Au physique et au moral, 24h24, souvent sans issue, sans progrès, plutôt vers une pente négative.
Alors accrochez vous, l’humain dans son fauteuil roulant que vous croisez, chaque jour, sa toilette, son temps d’habillement peuvent prendre des heures avant de pouvoir faire un petit tour et savoir s’adapter aux incohérences de l’architecture, des regards, et du mal latent.
Pas mendiants, pas de pitié, un simple coup de main, un peu de fric et l’handicapé se démerdera, oups ! Se débrouillera.
18:36 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : handicapé, malade, invalide, pauvre






Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://alsacop.hautetfort.com/trackback/1540445
Ecrire un commentaire